FILM
Bonsoir à tous je suis très heureux de recommencer à écrire sur ce blog, pour vous, pour tout le monde. Je reviens de mon tournage, un film que vous pourrez voir d'ici 1 mois ou 2. Tout s'est passé merveilleusement, et j'aimerais en parler ce soir, car je parle beaucoup dans mes articles, et parfois ça manque de détails, et ce film est un condensé et un très bon exemple -du concret enfin- de tout ce que je dis depuis plus d'un mois sur ce blog. Enfin un passage à l'acte et des tas d'exemples. Une illustration concrète.
Par où commencer? D'abord je veux dire que j'ai passé LES PLUS BEAUX JOURS DE MA VIE. Le tournage a duré 5 jours et c'étaient les plus beaux moments de mon existence. Ca paraît d'ailleurs étrange que tout se soit passé de cette manière. Vu qu'en parler prendrait un roman entier, je vais vous donner quelques exemples, et je vous promets sur la tête de mon singe que tout ça est vrai dans le détail.
D'abord, on avait commencé nos repérages au mois de décembre, et j'étais plongé dans l'alchimie. J'ai déjà raconté ça dans un autre article. Toute l'histoire du film, je me suis projeté dedans (c'est co-réalisé avec un ami) et j'ai donc mis les sujets qui étaient en moi. Donc il y a de l'alchimie par exemple. Et bien à ce moment je lisais et vivais de l'alchimie. Je voyais donc l'histoire comme une transmutation alchimique, mais aussi la réalisation de ce film, il s'agissait de créer de la matière informe, nos idées, en or puis en pierre philosophale, c'est ce qui motivait ma participation au film. La pierre philosophale est censée être un remède, comme un panacée universel. Et pour moi ce film a un but thérapeutique. Or pour arriver à ça, il faut le mercure alchimique, qu'on peut pas vraiment définir, mais on peut dire que c'est le matériau et l'agent transformateur à la fois, de la matière qu'on purifie pour l'amener à la perfection. Je lisais ça tous les jours (par exemple dans le Rosarium Philosophorum, un traité du 16ème siècle), mais j'avais jamais eu la curiosité de me renseigner sur ce qu'était physiquement du mercure. J'étais idéaliste. Bref, nous partions en repérages à 4, moi et 3 collègues (notre caméraman, le co-réalisateur, et l'assistante du caméraman). Nous longions un canal, un coin un peu délabré, avec une usine désaffectée, un garage, quelques maisons, c'était à Rennes, en Bretagne, dans notre ville. Un moment je remarque une flaque par terre, brillante, alors curieux on s'approche et on voit cette flaque avec des tas de gouttes éparpillées, on aurait dit du métal liquide, comme de l'étain. C'était étrange, car il faisait très froid, et "l'étain" n'était pas dur, il était totalement liquide, on le touchait et il était insaisissable, on disait: "c'est le T-1000 dans Terminator 2", c'était froid et liquide. Les gouttes qui étaient proches se rejoignaient pour former des gouttes plus grosses, c'était presque vivant, et c'était aimanté. On a du rester 10 minutes à buguer dessus. En revenant sur le chemin, c'était toujours là, alors on a tant bien que mal réussi à en prendre un échantillon dans du papier (c'était impalpable, insaisissable, ça fuyait quand on le touchait). On repart, moi j'étais pas plus curieux que ça. Le soir même mon ami avec qui je co-réalise le film m'envoie: "Ah ba c'était du mercure", et sur ce texto j'ai failli m'évanouir, alors je l'ai appelé tout de suite, pour m'en assurer, j'avais du mal à trouver les mots. Je raccroche et je vais regarder dans mes notes toutes récentes tirées de textes alchimiques, c'était écrit: "Sur le chemin de la réalisation, trouve le mercure informe, pour commencer l'oeuvre à partir des quatre éléments", en effet c'était bien le chemin de la réalisation (du film), on avait trouvé le mercure informe, et on commençait l'oeuvre à 4. Quand j'ai lu ça j'étais exalté et j'ai failli perdre connaissance, mais j'ai compris que la réalisation de notre film avait elle-même une portée symbolique, c'était l'oeuvre qu'il fallait parfaire. Et la transmutation de la matière implique la transmutation de l'adepte. Ca correspondait exactement avec mon travail sur moi-même que je faisais à ce moment-là. Ca me fait penser à une phrase d'Etienne Perrot, dans son livre fabuleux, La Voie de la transformation, qui dit: "Ce n'est pas en sortant de la vie que nous devons opérer, mais en nous servant d'elle". On peut tout intellectualiser, mais quand ça devient concret, le travail commence vraiment. Et là j'y ai vu un signe à portée symbolique qui disait qu'on était sur la bonne voie.
Voilà ce qui se passait pendant quelques mois, c'est ce qu'on appelle des synchronicités. En allant faire des castings à Paris, mon ami et moi avons rencontré un acteur assez spécial, nous aussi on est spécial, car on parle aux acteurs sur la façon dont ils vivent, jusqu'à leurs rêves parfois. Et justement, ce gars nous dit qu'il était devenu acteur pour une raison assez spéciale. Il avait fait un rêve, alors qu'il était trader, dans le monde matérialiste de la finance. Il était à New York, dans les quartiers des finances, mais un moment Madonna l'entraîne dans un limousine pour sillonner la ville. Il arrive à une grande porte mais il ne peut pas entrer. Il continue sa visite onirique. Mais à la fin du rêve il arrive à entrer dans cette porte, et là il baigne dans la lumière, la chaleur bienfaitrice, c'est comme une illumination. Il se réveille, et lit "L'alchimiste" de Paolo Coelho, en anglais, dans sa chambre d'hôtel, il ne lit jamais les 4ème de couverture, mais là il le fait après avoir lu quelques pages, et c'était écrit un truc du genre "Réalise-toi et réalise tes rêves" signé Madonna. Il a alors quitté la finance pour commencer une école d'acteurs et se lancer dans le cinéma. Evidemment Madonna est l'anima sous forma de la grande mère cosmique, la Madone, l'initiatrice, qui guide d'un stade de conscience à un autre. Cet acteur a joué le personnage principal de notre film.
L'histoire de notre film a été créée d'une façon assez spéciale, c'était un dialogue créatif entre moi et mon ami. Il avait écrit une trame qui s'inspirait d'Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, un de ses films préférés. J'ai trouvé ça brillant alors comme il ne savait pas trop quoi en faire on a décidé de co-réaliser ce film ensemble. J'y ai rajouté les sujets qui m'obsédaient: l'inceste, la psychogénéalogie, la transmutation alchimique, la symbolique du tarot, la théorie des 3 cerveaux de Paul D. MacLean, la thématique du psychodrame, le reggae mystique... Quand j'ai vu ce personnage du rasta dans l'histoire, il y a un rasta dans l'histoire, je me suis dit: "Mais ce personnage existe déjà! Il est dans ma mémoire!" car oui, c'était évident, j'avais déjà vu ce mec, en fait c'était un gars que j'avais croisé une heure à une soirée il y avait un an de ça, alors que j'étais archi saoul. Je retrouve son numéro quelque part et je l'appelle: "Ca te dirait de jouer ton propre rôle dans un film?" le gars n'avait jamais joué devant la caméra et quand on a filmé on a même pas eu à refaire des tas de prises: il a joué exactement comme il le fallait, c'était parfait. Evidemment, car c'est la spontanéité.
Une actrice qu'on avait casté à Paris était excellente, mais nous a tellement mené en bateau, et a tellement énervé l'acteur avec qui elle devait jouer, qu'on lui a dit que c'était fini à quelques jours du tournage. La mère de notre assistante de réalisation a proposé de jouer le rôle de la mère enceinte battue, avec des cris et pleurs, de la remplacer, et elle a été incroyable, alors qu'elle n'a pas l'expérience de la caméra et des films. Elle a été mieux, bien meilleure je suppose que l'autre l'aurait été.
On avait casté un enfant de 13 ans depuis quelques mois, qui devait jouer notre héros jeune, on avait les autorisations des parents, les droits à l'image. On nous avait prêté une maison appartenant à une famille pour tourner cette scène cruciale. En arrivant le jour du tournage à cette maison on voit le fils de cette famille, qu'on avait jamais vu, il avait le même âge mais ça a été le coup de foudre: "C'est lui qu'il nous faut!" alors on improvise un acteur, il ne connaissait rien au scénario ni à l'expérience de plateau, et il a été incroyable. J'ai appelé l'autre enfant, et comme il a fait de la batterie depuis ses 5 ans, et bien il va faire toute la musique de style tribale du film.
Quelques jours avant le film, j'ai regardé la météo qui prévoyait un temps exécrable durant les 5 jours du tournage, ce qui allait tout foutre en l'air. Pluie, averses, et même de l'orage. Pourtant on a eu tout le temps un temps magnifique à chaque fois qu'on en avait besoin, il n'a pas plu une seule fois, pas d'orage, mais un soleil de plomb très estival. On a même parfois du attendre des nuages pour avoir une lumière réduite!
Ce tournage n'était pas professionnel en premier lieu, il était humain. Il était motivé par le plaisir, la joie, l'amour. Notre intervenant, car un professeur vient voir comment ça se passe, était sidéré, et ça l'énervait, il était dans son rôle, mais ce tournage était humain, on ne gueulait pas sans cesse pour faire pro, c'était, selon moi, étrangement pas normal, c'était trop positif. Ca s'est TROP bien passé, quelque chose cloche. Mais c'est comme ça que je vois les choses.
Il y a eu une fête après tout ça, pour fêter la fin du tournage, et j'ai pleuré de joie, j'ai failli m'évanouir plusieurs fois de joie, et j'ai fait une déclaration d'amour car je suis tombé fou amoureux, et c'était le plus beau moment de ma vie. Tout le monde se serrait dans les bras, dansait, s'embrassait, c'était l'euphorie.
Bien sûr il y a eu des moments de chute, avec des doutes, des flottements, des mauvaises coordinations, mais en général c'était TROP beau. On verra ça au montage, vous verrez ça dans un mois. En tout cas moi c'est comme ça que je l'ai vu.
Tous les matins je ressentais Dieu. Quand je dis Dieu je parle du Mystère qui faire croître et décroître toute chose. Chaque matin je le ressentais en tout et en moi. Je répétais ce mantra inspiré de Jodo: "Je suis en Toi, Tu es en moi, j'ai confiance en Toi, je suis à Toi". Vraiment, une force m'animait, quelque chose qui nous a tout amené pour que ça marche. Je pense franchement que l'univers entier a conspiré pour que tout se passe bien, et l'univers c'est Dieu, c'est son agencement. La météo, les acteurs, etc. Tout a été motivé par ce Mystère qui anime tout que je ressentais toute la journée. Dans notre générique je vais essayer de glisser "Un grand Merci à l'univers". C'est vrai on ne remercie jamais l'univers pour ce qu'il fait pour nous alors que c'est grâce à lui que tout est rendu possible. Merci Univers, car sans toi tu ne serais pas là!
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