AVATAR
Plus on pense à quelque chose plus ça prend de la consistance dans le réel. Si nous chargeons de sens quelque chose, cela va même prendre de l'autonomie, et vivre indépendamment de nous. C'est une des lois de la noologie. La noologie est l'étude de la vie des idées. Elle s'est développée de façon incroyable chez les humains, cette vie des idées, de la pensée. La noologie étudie alors aussi les croyances, l'enfantement des dieux par l'esprit, les systèmes d'idées, de doctrines, de théories, de paradigmes, tout ce qui est produit par l'esprit et le produit en retour.
J'ai lu toute La Méthode d'Edgar Morin et j'utilise ses concepts dans la mystique que je me créé. Récursion, rétroaction, complexité, dialogique, conception hologrammatique... Ces concepts sont très intéressants.
Il y a donc une sorte de récursion quand on produit des idées. Nous les produisons et elles nous produisent en retour. Par exemple en ce moment je créé une idée que je commence à vivre. Tout est régi par une énergie qui fait croître les choses vers leur singularité universelle. La seule chose universelle est la singularité, nous sommes tous uniques, dans notre unicité nous sommes dans l'unité, et la volonté humaine sert à accepter cette singularité innée, la laisser se développer, et l'aider à aboutir le plus possible. Ce que je viens de dire c'est une façon de résumer la transmutation alchimique. On est d'abord de la matière boueuse, informe, et peu à peu nous transformons ça en or, qui lui-même se transformera en un joyeux joyau unique qui n'est jamais apparu et ne réapparaîtra jamais. Celui qui parvient à aller au bout du fait qu'il soit unique, celui qui parvient à son unicité parvient à l'unité; car la singularité est universelle.
A travers des actes, l'idée se matérialise ("matérialisation de l'esprit"), c'est tout le travail de l'intention. Chaque matin j'imagine cette énergie immense qui est en toute chose, y compris en toi et en moi. Il y a une énergie infinie pour qu'une chose soit possible. Cela va des atomes aux astres, en passant par tout et partout.
On a aussi l'attention, il faut développer notre attention, c'est quand l'ego arrête de juger et se contente de prendre conscience de cette mystérieuse évidence qu'est l'instant ("spiritualisation de la matière"). On a donc l'intention et l'attention, il faut développer les 2.
Cette énergie qui régit tout est en nous, et ce qui nous empêche d'en prendre conscience (jusqu'à l'extase, la transe, l'orgasme existentiel), c'est les déviations de notre ego, issues du passé. Tu as un passé génétique, un passé historico-social, un passé familial. C'est le concept trinitaire clé de La Méthode, pour approcher l'humain: individu-société-espèce. S'en libérer c'est pas s'en débarrasser, c'est changer d'attitude envers ce passé et le transformer, c'est une énergie qu'on peut mener vers la lumière. Si tu fais cesser la souffrance, ça a des répercussions sur toute l'humanité présente, passée, qui vit encore en nous, et future, qui est en germe en nous.
La plupart de nos limites sont vraiment celles que la famille nous donne. Leur névrose devient notre névrose. Et pour rester attaché à notre père, à notre mère, nos frères et nos soeurs, notre seul lien affectif à eux, c'est leur névrose, donc on la répète, pour rester attacher à eux. En nous il y a encore notre cerveau d'enfant qui dit: "Si je prends la décision de prendre ma vie en main, et de devenir moi-même, on m'abandonnera, ça sera ma punition." Le cerveau infantile ne veut pas être abandonné, et croit qu'en gardant la névrose de sa famille ça ne sera pas le cas. La seule chose parfois qui nous attache à notre famille, c'est sa maladie psychologique. Parfois on peut même idéaliser un membre de la famille qui a été absent, tout notre amour va non vers lui, mais vers l'image qu'on a de lui en nous, et alors il ne reste plus d'amour pour les autres, pour le monde, et pour nous-mêmes. Les membres de notre famille sont en nous, comme nos souffrances sont en nous, mais CE N'EST PAS NOUS.
Par exemple idéaliser un père absent, si tu attaches tout ton amour sur son image, tu l'idéalises, et le monde perd de la valeur. Il ne reste plus rien pour les autres ni pour toi et tu te retrouves dans un cercle vicieux. Tu peux alors chercher des tas d'échappatoires, renier le monde tangible, réel, charnel, et chercher des refuges idéaux, imaginaires. Tu peux même dire "Mon père est le seul amour que je n'aurai jamais", et plus tard tu trouves un amoureux qui sera à son image, mais tu reproduis alors un schéma inconsciemment, et cet homme t'abandonnera à son tour, ou ne t'aimera pas forcément de façon authentique. Et alors tu peux même idéaliser l'enfance du même coup, car il y a eu une coupure, le monde du présent perd encore de sa valeur, car à cause de tout ça tu vois le bonheur autre part et tu ne te rends plus compte que tu as encore en toi cet enfant, ainsi que cette perception enfantine du monde. Elle veut vivre à chaque instant mais tes souffrances l'en empêchent. Car l'enfant veut rester attaché au passé, et son seul lien affectif avec le passé, c'est la souffrance et la peur de l'abandon. C'est totalement le sujet du film que je co-réalise en ce moment. Mais en nous on a une puissance inouïe en nous qui n'attend que notre signal pour jaillir dans la joie. Se guérir c'est alors dire oui à l'être divin qu'il y a en nous, le laisser sortir et créer, et cesser de s'auto-critiquer en permanence car l'auto-critique vient d'une frustration en nous, mais qui n'est pas nous. Nous c'est l'être divin, tout ce qui l'empêche de sortir, c'est notre passé.
Tout cet exemple, c'est pour dire que le passé se répète en nous, à travers nous, et nous ne pouvons créer vu que nous nous limitons à la répétition de l'identique. Il faut alors travailler sur soi et transformer le cercle vicieux en cercle vertueux, une spirale créatrice. Tout l'amour qu'on portait pour des images idéales, on peut l'orienter vers autre chose, la création par exemple, ou l'amour pour le monde entier. Car nos souffrances sont de l'amour insatisfait et de l'amour inutilisé. Quand une image devient le centre de notre monde, il ne reste plus de valeurs positives pour le monde, surtout quand cette absence devient présente, ce qui est le propre de l'image idéalisée, une absence rendue présente, et c'est vicieux car c'est aussi une présence rendue absente.
Moi par exemple à 12 ans, en pleine crise d'adolescence, on m'a avoué que mon père que j'ai connu depuis mon enfance n'était pas mon père biologique. Ca a détruit et déchiré toute ma famille, et j'ai été tiré des tous les côtés. En observant ce qui se passe en moi, j'ai alors remarqué que je passe mon temps à ré-concilier des tas de choses. Ma vie est centrée sur la réunification d'une chose avec une autre. Je me suis dit que ça c'était en moi, donc je vais pas reproduire un cercle vicieux du passé en essayant de ré-concilier ma famille, mais je comprends avec le coeur ce qui s'est passé et j'oriente ma névrose vers autre chose; me réconcilier et réconcilier les autres avec la vie. C'est plus large, et au lieu de glorifier de façon masochiste mon ego, de le satisfaire par la souffrance, je le mets au service de quelque chose de plus vaste que lui-même. Je n'ai jamais lu Freud mais je crois qu'on appelle ça la sublimation.
Et je SAIS que la prise de conscience et la sublimation d'une névrose ne sont pas suffisantes. Là j'utilise la voie des symboles, j'ai déjà commencé à me réconcilier avec mon arbre généalogique, en massant avec amour un arbre, ce que m'avait conseillé de faire un rêve, et ce qui m'avait d'un coup enlevé de mes infernales maladies chroniques du dos que je supportais depuis mes 12 ans. Il faut réaliser métaphoriquement nos névroses, et c'est ce que je suis en train d'apprendre, notamment par le travail d'Alexandro Jodorowsky, de la psychomagie et du psychochamanisme.
De même avant "j'imitais" Jim Morrison, le chanteur de rock, et je disais: "Je ne pense pas dépasser les 27 ans", on a des programmations comme ça, et c'est horrible vu que ça vient des souffrances du passé. Aujourd'hui je pense vivre jusqu'à ce que mes atomes se dispersent et deviennent une galaxie, dans un temps indéfini. Me dissoudre dans l'univers de façon complète dans un milliard d'années.
Il ne faut ni s'échapper du passé, ni le détruire, ni le glorifier. Il faut le remercier, avoir de la gratitude envers lui, et ça c'est un pas énorme de faire ça: "Merci pour tout, des joies comme des souffrances, car ça m'a amené ICI.", et alors utiliser la force du passé, passer de la répétition à la création, en se servant de la répétition, transformer le cercle vicieux et fermé, en cercle vertueux et OUVERT. Le monde n'attend plus que toi. "Ce qui te manque le plus dans le monde, c'est ce que tu es venu lui donner."
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