AMOR FATI
Je vais parler d'une personne qui a bouleversé mon adolescence, je veux parler de Friedrich Nietzsche. C'est un humain très singulier. Nietzsche inventait des pensées qui le ré-équilibraient. Il était si malade -je crois qu'un gars a écrit un livre entier sur ses maladies, la liste est interminable et elle fout les frissons- qu'il avait ressenti que les idées était des produits de l'état de ton corps, et qu'elles pouvaient en retour faire beaucoup de bien à ton corps. Alors il inventait plein de pensées qui soignent, qui guérissent. C'est une éthique de la santé. La liberté, l'authenticité, la santé sont comme des synonymes pour Nietzsche. Il a passé sa vie à s'immerger dans le chaos psychophysique et à en émerger de façon héroïque. Pour lui la vérité c'est ce qui soigne, la morale véritable, ce qui libère; la vie est comme une exubérance, une prodigalité, une surabondance qui doit être maîtrisée et orientée vers la Joie de la Création. Et le négatif, la souffrance, est une part non négligeable, énergie qu'on peut diriger aussi de cette façon. Je crois que la pensée de l'Eternel Retour est là pour intensifier ce jeu de création. On a sans doute tort d'y voir une vérité cosmologique, physique, intellectuelle; ou de chercher à en voir une. Bien-sûr, elle a plus d'impact si elle se vérifie, ce qu'a essayé de faire Nietzsche à un moment de sa vie... Mais le but est de construire cette pensée dans un premier temps, puis de la VIVRE, de l'appliquer au quotidien. Moi je crois qu'elle peut transformer un humain soit en dieu, soit en flaque de merde. Rien entre les deux. Elle te sacralise ou elle te pulvérise. Dans tous les cas elle permet de jauger la force qu'il y a en nous. Mais c'est une vérité qui se construit, et qui te construit en retour... D'abord tu te heurtes à tes propres contradictions: peut-on accepter, comme dit Nietzsche, la totalité de l'existence? Ne doit-on pas aussi refuser des choses? Peut-on dire un grand Oui à la vie, sans dire non? Les penseurs comme Michel Onfray se trompent peut-être en critiquant ce consentement sans condition à l'existence. Car le grand Oui englobe le non. Il y a l'acceptation, et le refus, ET le consentement. Je peux consentir à refuser. Car l'enfant (dans le Zarathoustra, les 3 métamorphoses) créé des valeurs, il entre quand même dans le jeu. En fait tu consens, tu te réconcilies avec toute chose, pour mieux les orienter vers la Joie de la Création. Nietzsche dit: "Il faut vouloir la volonté qui nous veut." Tu consens à ce chaos créateur, mystérieux qui est en toi, et alors il n'y a plus de bien, ni de mal, tu créés des valeurs nouvelles, donc entres dans "le jeu éternel des forces".
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