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HEPTALION

6 Mars 2014, 11:52am

Publié par Pierre Kerroch

Aujourd'hui, tentative d'interprétation de poèmes alchimiques, issus d'un recueil de poèmes écrit par l'alchimiste Patrick Burensteinas : HEPTALION (éditions Mercure Dauphinois, 11€). Comme d'habitude, je vois les choses comme les arcanes du tarot, où toute interprétation est bonne, pourvu qu'elle soit orientée vers la beauté. Ce qu'il y a de bien avec ces poèmes, c'est que l'auteur lui-même y a caché une infinité de significations. Ils les a rêvés, et n'a pas eu le choix que de les écrire pour que ces poèmes arrêtent de résonner et raisonner dans sa tête. Ce sont 7 poèmes décrivant les étapes du Grand Oeuvre alchimique, nommées dans l'ordre : Sel, Soufre, Mercure, La Lune, Le Soleil, Les Noces, L'Enfant. À remarquer que ces 4 derniers poèmes correspondent aux 4 derniers arcanes majeurs du tarot : La Lune (XVIII), Le Soleil (XVIIII), Le Jugement (XX), Le Monde (XXI). J'ajoute que chaque poème est accompagné d'une image qui lui correspond. Et aussi je précise que je ne connais que très peu l'alchimie, donc évidemment je vais faire de mon mieux en m'aventurant.

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SEL

"Il est loup éclatant étoilé de nature"

Le loup correspond à ce qu'on doit éduquer en nous, tous les instincts qui sont à l'état sauvage et qui sont précieux pour nous. En anglais ça se voit dans le mot Wolf (loup) qui retourné donne Flow (flux). Nous devons contrôler notre flux. Car nous avons hérité de toute notre espèce, des humains qui parcouraient des milliers de kilomètres dans la neige en peau de bête, des chasseurs et cueilleurs qui s'aventuraient dans la nature. Tous les instincts animaux hérités des poissons, reptiles, amphibiens, mammifères, primates, depuis 500 millions d'années, nous les avons en nous. Nous les avons, et c'est immense ! Parfois ils s'expriment dans les guerres, les inimitiés, mais ils peuvent aussi s'exprimer dans une immense joie de vivre : de sentir un mystère dans notre propre corps qui vit, qui fait tout vivre autour de nous. Des millions d'années ont été nécessaires pour que chacun de tes regards soient rendus possibles. Je pense que la vie a un immense amour qui a fait qu'on est arrivé là, survécu à des cataclysmes, disparitions des dinosaures, ères glaciaires, la vie est immense en nous, d'une volonté de créer tellement incommensurable. Si je continue comme ça pour l'analyse de chaque mot, ça va pas finir, continuons : "Il est loup éclatant étoilé de nature", je lis ça "île Est loupe éclat tant et toit lait deux natures" ; traduction : une île à l'Est qu'on doit regarder avec un regard purifié, la loupe, île qui brille puissamment "éclat tant" (le soleil, île de lumière émergeant de l'océan et de la nuit), "et toit lait" fait penser à la voûte céleste (le toit du monde), et "lait" c'est évidemment pour la voie lactée, puis "deux natures" renvoie à Saturne, qui en anagramme donne "Natures" ; ce qui correspond au plomb de l'alchimie qu'on doit transformer en or. Alors concrètement ça veut dire : avec un regard purifié regarde à l'Est, où le soleil qui se lève nous sourit (car Orient=Or riant) ; ça nous invite à sortir de la nuit de l'inconscience dans laquelle nous plonge notre passé, regarder la conscience lumineuse qui se lève en nous, et commencer à travailler sur notre plomb intérieur pour le transformer en or, notre lourdeur, ce qui nous encombre, tout notre bagage du passé, qui nous divise (Saturne=Natures, au pluriel, alors qu'on cherche notre Nature unitaire, notre Unité naturelle). Mais "Il est loup éclatant étoilé de nature" veut dire aussi autre chose : le loup est éclatant, pas forcément qu'il brille, mais qu'il éclate les choses, les éparpille, comme les étoiles sont éparpillées, mais dont l'alchimie voudrait en faire une seule et même lumière, l'Illumination. Unir ce qui est séparé. Et si le loup est étoilé c'est qu'il est "en nuit" (ennui) alors que nous cherchons la lumière. Voilà pour le premier vers du premier poème.

"Sortant d'un bois bien blanc en portant sa parure"

Là c'est intéressant. Car on a une répétition de lettres : dans un Bois Bien Blanc, et Portant sa Parure. Évidemment l'auteur n'a pas mis ça au hasard, les 3 "B" font référence déjà aux 3 étapes de l'oeuvre alchimique : Nigredo (oeuvre au noir) dans laquelle on fait face à notre nuit et notre multiplicité contradictoire, Albedo (oeuvre au blanc) dans laquelle on purifie toutes ces polarités en les réconciliant, et Rubedo (oeuvre au rouge) dans laquelle tout s'illumine. On peut résumer ces étapes par une formule : Séparer, Purifier, Réunir. Et les deux "P" font référence aux deux principes avec lesquels (et sur lesquels) on va travailler sur nous-mêmes et sur le monde : le Soufre et le Mercure. Donc, le loup sort d'un bois bien blanc en portant sa parure, on nous donne les ingrédients avec lesquels travailler sur notre conscience. Je n'ai pas la même vision de l'alchimie que Patrick Burensteinas, la mienne (infiniment moins développée) est influencée par Carl Gustav Jung, Étienne Perrot, Jean Biès. Mais ! Le soufre correspond en toi à l'esprit, ton côté masculin (animus), ton hémisphère cérébral gauche, rationnel, analytique, tandis que le mercure correspond en toi à l'âme, ton côté féminin (anima), ton hémisphère cérébral droit, intuitif, artistique, mystique. Le but est de les marier tous les deux tout en les développant, ce qui mène aux "Noces Chymiques", où le soufre devient le Soufre (l'esprit rationnel s'identifie à la Lumière paternelle universelle), où le mercure devient le Mercure (l'âme intuitive s'identifie à la Matière maternelle universelle). Les deux hémisphères cérébraux marchent en couple (et non comme d'habitude en se combattant), en un duo musical, ils dansent même. Voilà à quoi correspond l'illumination, avec des mots. Je sais qu'on ne peut parler de tout ça avec des mots, mais je le fais quand même, car je ne me suis jamais illuminé vraiment. J'ai eu des expériences, mais mettre des mots dessus on peut le faire avec le langage de l'alchimie, qui c'est vrai est très parlant, mais j'aurais pu parler d'une recette de cuisine, c'était pareil. L'illumination ne correspond pas à un état hystérique de Gourou, l'illumination est notre état normal que la force de l'habitude est venue occulter. Vivre, c'est être illuminé, extasié, orgasmé, et en transe. On ne comprend pas comment on vit, comment tout ça marche, mais on est en plein dedans. Voilà ce que c'est aussi Dieu, c'est le fait que tout ça existe. J'ai une amie qui m'a dit : "Je ne peux pas tomber amoureuse parce que je ne sais pas comment ça marche" ; on peut lui répondre "Je ne peux pas respirer parce que je ne sais pas comment ça marche". Nous vivons sans pouvoir savoir ce que c'est : "Je n'y comprends rien mais il se passe quelque chose". Et ce n'est pas notre passé, nos souffrances, les événements de notre vie qui nous définissent : nous sommes, au fond de nous, totalement indéfinis, c'est-à-dire sans définition, c'est-à-dire infinis, sans limites. On peut avoir des douleurs, mais ceux qui les prolongent en souffrance, c'est-à-dire qui donnent leur accord à ces douleurs en disant : "Ok, tu es moi", créent des cercles vicieux. L'identification aux douleurs est déjà une erreur, et jouer à faire le contraire est intéressant : ne plus s'identifier à rien (ce qui est impossible, mais il faut jouer indéfiniment), et se rendre compte simplement que la force de vie qui nous anime est la même que celle des galaxies, des étoiles, des planètes, des plantes, des animaux, des autres humains, des orages, des fourmis ou des réfrigérateurs. Tu es un Big Bang en puissance. L'univers semble nous avoir créés pour qu'à notre tour nous créions des univers nouveaux. L'expansion de l'univers concorde avec l'expansion du cerveau, et ce qui englobe tout ça est l'expansion de la conscience cosmique. Si on se met au service de cette conscience cosmique, qui à la fois est en nous et nous enveloppe, nos souffrances deviennent non des ennemis mais des outils, des maîtres, des alliés. Celui qui n'avance pas recule ; évoluer, ou régresser. D'abord, se réjouir de nos souffrances, qui sont des cadeaux. En alchimie on dit que ce sont nos "Soufres rances". Il faut purifier le Soufre, qui, comme on l'a dit tout à l'heure, nous divise. Il faut appliquer la formule de l'alchimie : "Solve et Coagula" : Dissous et Coagule. Tu te dissous dans l'inconscient, tout ce que tu crois ne pas être toi, puis tu réunis tout ce que tu as expérimenté. Tu intègres tes souffrances car tout le monde a le droit de faire la fête. Si tu recales tes souffrances à l'anniversaire permanent qui est célébré en toi, elles vont gâcher la fête. Si tu les acceptes telles qu'elles sont, elles changeront elles-mêmes. Il est très bon de rire des choses graves : "Je suis frustré" Hahahaha ! "Mon amoureux m'a quittée" Hahahaha ! "Tout ma famille est morte dans un accident d'avion" Hahahaha ! "Je vais mourir" Hahahahaha ! "Toute l'humanité, telle qu'elle est, disparaîtra" Hahahahaha ! Prendre de la distance : c'est-à-dire prendre du recul pour avoir de l'avance. Voilà pour le deuxième vers de ce premier poème.

"C'est en l'apprivoisant qu'il dévoile sa nature"

On a là encore une formule alchimique : "Sept temps Appris, vois-en qu'île dévoile sa nature". Sept temps fait référence aux sept métaux de l'alchimie : mercure (mercure) plomb (saturne) étain (jupiter) cuivre (vénus) fer (mars) argent (lune) or (soleil). Après avoir appris, il faut voir (Appris vois-en), il faut mettre tout ce qu'on a appris dans la contemplation, qui dévoile la nature de nos souffrances, de tout ce qui est sauvage et qu'on arrive pas à contrôler en nous. Car si on dévoile c'est que les choses étaient voilées. Je vais essayer d'accélérer l'interprétation sinon je vais écrire un roman.

"Mais regarde bien dedans et ignore sa parure"

Re-garde, car tu as déjà gardé cette nature sauvage en toi, mais re-garde là d'une autre manière : tu croyais qu'elle était indomptable, sauvage, divisée de toi, mais non, elle est unie : "Re-garde Bi-Un de-dans et ignore sa parure". Tu regardes Bi-Un, c'est-à-dire la dualité (Bi) qui est une unité (Un). Et là ça devient fou : Ignore, en anagramme, donne "Or igné", et en alchimie ça a une profonde signification. On parle généralement de Feu Igné, et pas Inné, mais Igné veut dire Feu, ça renvoie au "Feu Universel" (uni vers sel), l'esprit qui anime tout (ce qu'on retrouve chez Héraclite), anime c'est-à-dire qui donne l'âme (anima=âme en grec) à chaque chose. Mais ici c'est l'or igné, qui est le feu matériel, la lumière matérielle, "portion de soleil sur la terre", comme disent les alchimistes. Ignore sa parure dit tout simplement de reconnaître sa nature divine au lieu de ses apparences. Dans cette vie, désolé pour les athées, car je suis parfois athée aussi, bien que mystique, mais tout est Dieu. Pas dans le sens d'une homme barbu qui nous regarde dans les nuages, pas dans le sens d'un dieu-Allah qui voile les femmes et qui divise les humains, mais dans le sens de sacré. Tout est sacré, la moindre de nos émotions, qu'elle soit ressentie comme positive ou négative, tout est sacré. La technique est de pardonner à nos émotions négatives leur présence, car elle est sacrée en son essence, mais l'art consiste à accepter tout, ne plus combattre, seulement s'orienter vers la lumière. Patrick Burensteinas dit d'ailleurs parfois : "Le tout n'est pas seulement de trouver la lumière, mais c'est aussi de pardonner (donner une part) aux ténèbres." Le Kybalion, texte alchimique du début du XXème siècle, disait qu'au lieu de lutter contre nos peurs, il fallait fortifier notre courage. Car s'occuper de quelque chose lui donne de la consistance. Je crois sincèrement que pour sortir des dépressions etc, il faut développer nos lumières au lieu de tourner autour de nos ombres indéfiniment. Et ne jamais s'arrêter, ne jamais faire de pause, car LA VIE DE L'HUMANITÉ ET L'ÉQUILIBRE DE L'UNIVERS EN DÉPEND. Tant qu'on fait les choses pour nous-mêmes, nous restons dans des limites minuscules, que certains nomment l'ego, mais l'esprit humain a soif de l'immensité, alors si on souffre c'est que notre espace n'est pas assez grand. Si on a conscience que nos actes sont faits non pour nous, mais pour toute l'humanité, chaque être vivant, et tout le cosmos connu et inconnu, alors l'ego lui-même se met à notre service. Alors évidemment que nous aurons des périodes de chute, de baisse d'énergie qui sont des cercles vicieux qui se créent en nous. Mais ce qu'il faut alors développer c'est la Confiance, la Patience, et l'Abandon. Apprenons à tomber. Demande à un ami de se mettre derrière toi, il représente ton inconscient, et laisse toi tomber de tout ton poids dans ses bras. Tu sentiras que tu peux avoir confiance dans ce que tu ne connais pas. Cette thérapie existe, je pense qu'elle peut être efficace. Car l'inconscient c'est quelque chose qu'on ne connaît pas mais qui est tellement aimant (dans les deux sens, il attire et aime comme un aimant) envers nous que notre coeur bat, notre respiration fonctionne, que tout ce monde vit d'une vie infinie. Voilà pour la première strophe de cet alexandrin.

"C'est en son corps sanglant que se cache le secret"

Je vais aller beaucoup plus vite. Encore un jeu de mot phonique : "Sept en son corps sans gland que se cache le Se crée". Sept pour les 7 métaux à purifier. L'alchimie ne consiste pas qu'à transmuter les métaux de base (plomb, étain, cuivre, fer) en argent (argyropée) ou en or (chrysopée), mais c'est aussi à transformer tous ces métaux en lumière. Éliphas Lévi (pseudonyme de l'Abbé Alphonse Louis Constant), occultiste du XIXè siècle, disait : "Spiritualiser la matière et matérialiser l'esprit". La matière est-elle lumineuse, ou la lumière est-elle matérielle? Quand vient l'illumination, la prise de conscience que tout est infini et sacré (tout est déjà infini et sacré, mais il s'agit de travailler à s'en rendre compte), alors il n'y a plus de différence entre matière/lumière, esprit/matière, intérieur/extérieur, etc. Bon, "Sept en son corps sans gland" Tout le futur chêne est contenu dans un gland. Il s'agit de semer la conscience et elle pousse d'elle même. Dans un poème je disais "Le Roi Semeur", pour évoquer le roi se meurt, car il sème (s'aime?) et sacrifie son ego pour semer des graines de conscience. Notre travail est pas de nous occuper de nos limites, mais de travailler à reconnaître que les limites n'existent pas, c'est artificiel. "Que se cache le Se Crée" Car là où est le secret c'est là où ça "se crée". Le "Se crée" est partout, c'est cette créativité présente dans tout l'univers, et qui sans cesse invente des formes nouvelles, des atomes aux astres. Le seul secret au monde c'est qu'il n'y en a pas. Rien est secret, tout est dans l'instant, lieu unique où tout se crée, du big bang à maintenant, pas de division de temps ; d'ici aux plus lointaines galaxies, pas de division dans l'espace. Pas de frontières : tout te relie à la création, tout le passé et le futur sont en toi en ce moment même. Et ce qui te relie à la création est, bien sûr, ta propre créativité, qui ne t'appartient pas d'ailleurs : chacune de tes cellules est unique, de tes neurones, ton coeur est unique, ton corps, ta conscience est unique : ta place est unique dans l'univers.

"Il est parfois troublant et pourtant si discret"

"Île est par Foi trou blanc et pour temps si dix crée" ; d'ailleurs qu'y a-t-il de plus trou blanc dans l'univers ? Les trous noirs ! Et si les trous noirs sont trous blancs, c'est au fond qu'ils sont une seule et même chose. C'est en eux que convergent toutes les lumières, de la même façon que c'est ta pupille, la chose la plus noire au monde, qui filtre la lumière que tu reçois. Aie foi en l'inconnu qu'est ce monde, on ne connaît rien à ce monde, dans lequel on vit. On ne peut voir la lumière de l'ampoule mais on peut voir ses manifestations ; on ne peut regarder le soleil, mais on peut voir ce que sa lumière révèle. Tu ne connaîtras jamais le monde, mais tu dois l'aimer, car lui t'aime et te connaît, la preuve en est qu'il t'a fait naître, qu'il fait tout naître, et a tellement d'amour qu'il fait tout co-exister, même ce qu'on peut trouver répugnant, absurde, ou Mal. Pour voler, l'oiseau n'a pas besoin de comprendre comment voler, il aime voler c'est tout. Pour vivre, ne cherche pas à comprendre, vis ! Sois comme l'univers : fais tout co-exister en toi, même le pire et le meilleur, le désagréable et l'agréable. Fuir quelque chose lui donne de l'importance : accepte-là et elle se révèlera telle qu'elle est : une source d'amour en plus. "Et pour temps, si dix crée" 10 c'est le 1, l'unité, qui retourne au 0, potentiel indéfini : "et pour temps si dix crée" ; quoi que tu fasses, le vie continuera son mouvement créatif, la créativité ne s'arrête jamais. Et je dis créativité au sens XXL, tu le sais : un battement de coeur est une création unique, un bruit d'estomac, la Joconde, une merde de Pie, le cri d'un nourrisson, un baiser sous l'orage.

"Si le poignard ardent sait trouver son passage"

"Si le poignard art dans sept trous verts son pas sage". Tout ce que je fais en jeu de mots, sonores ou écrits, est permis par ce qu'on appelle "la langue des oiseaux", qu'utilise beaucoup Patrick Burensteinas. On peut transformer "sait trouver" en "sept trous verts", on peut faire à peu près ce qu'on veut, car le principe est que l'inconscient glisse du sens partout dans les lettres, les mots, les sonorités. Et manier la langue des oiseaux ne suffit pas, car il faut y mettre son coeur ; si tu n'y mets pas ton coeur, tu deviens parano et tu vois des jeux de mots partout jusqu'à devenir fou, alors que le but est d'utiliser le langage de l'inconscient pour trouver de la sagesse. Bon, on voit bien que c'est un travail intérieur, car c'est le "poignard art dans", c'est un art intérieur ; "sept trous verts" fait référence au lion vert de l'alchimie, qui est d'abord le symbole du vitriol, qui désigne l'acide sulfurique, mais aussi une formule latine : VITRIOL = "Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem" qui veut dire "Visite l'intérieur de la terre, et en te rectifiant, tu trouveras la pierre cachée", autrement dit "Visite l'intérieur de toi-même, et en te rectifiant, tu trouveras la sagesse" ; il s'agit bien d'un travail intérieur. Il faut savoir être cruel avec soi, d'où le poignard, mais c'est une cruauté pleine d'amour qui veut transmuter, c'est-à-dire améliorer. VITRIOL peut se lire "TRIO VIL" c'est le Vil Trio sur lequel et avec lequel on va travailler : Soufre - Mercure - Sel : le Sel alchimique qui est le troisième principe (ou ingrédient) et qui est le nom même du poème : alors que le mercure représentait l'âme et le soufre l'esprit, le Sel représente le corps, qui fait le pont entre l'âme (ta singularité) et l'esprit (ton universalité). "Sept trous verts" que fait le poignard ardent car les 7 métaux-planètes sont 7 étapes vers la transmutation de la matière en lumière (du monde quotidien en monde enchanté). Et oui l'alchimie utilisait un langage chimique et une activité matérielle pour symboliser une quête mystique et un travail spirituel.

"Ces quelques gouttes de sang seront ton héritage"

Il faut savoir que mon interprétation est très personnelle, alors que Patrick Burensteinas décrit ici une opération alchimique, qui se fait en laboratoire, lui-même pratiquant l'alchimie matérielle. Je n'y connais rien à tout ça, je n'ai jamais vu une cornue, un alambic, un fourneau alchimiques, sauf sur des gravures et des tableaux, mais jamais en vrai ! D'ailleurs j'aimerais beaucoup. Mais bon, passons. Les gouttes de sang qu'on récolte du loup sont rouges alors que le loup sortait d'un bois bien blanc : c'est l'oeuvre au blanc qui passe à l'oeuvre au rouge. Je passerai l'interprétation purement alchimique et qui sera peu accessible en disant que planter le poignard dans le loup consiste à "fixer le volatil" pour ensuite "volatiliser le fixe".

"Tu dois bien les fixer sans détour sans partage"

Et merde, ça y est il a dit "fixer". Oui il faut fixer les quelques gouttes de sang qui sont notre héritage. Moi qui voulais aller vite. Les gouttes de sang sont mobiles, elles sont dissoutes : on appelle ça volatil. Mais il faut les fixer, les arrêter dans leur course, les immobiliser, qu'elles n'aient plus de mobiles, de raisons d'aller dans tous les sens. Comment on fixe du sang? Il faut être patient et attendre qu'il coagule. Ce qui nous renvoie à la formule alchimique : "Solve et Coagula", "Dissous et Coagule". Pour travailler sur quelque chose, il faut qu'elle arrête de bouger partout. Alors, tout ce qui échappe à ta conscience parce que ça bouge partout, fixe-le, comme fixer du regard, et tu pourras travailler dessus. J'ai un exercice mystique qui est excellent pour ça. Ferme simplement les yeux, tu auras un chaos de pixels qui s'agitent dans tous les sens. Alors fixe, avec une attention sans intentions, fixe un point et il se déploiera pour te raconter des histoires de lumière qui sont des messages précieux de l'inconscient. Qu'est-ce que ça veut dire? Ça veut dire que les alchimistes avaient trouvé un langage capable de s'adapter à n'importe quelle dimension de l'existence : physique-chimique, psychologique, spirituel, cosmique, philosophique, etc. Exactement comme... Ceux qui ont créé le Tarot ! (Il fallait bien que je glisse une référence au tarot).

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Ça suffira pour aujourd'hui car je dois aller travailler. Pardon pour toutes les fautes, je ne relis pas. Dernier message, en provenance de Rabelais : "VIVEZ JOYEUX!"

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A
Excellent article. Je vous en remercie. Ca m' a donné des pistes importantes pour la lecture des poèmes de Burensteinas. S'il vous plaît, suivez avec votre interprétation pour les poèmes suivantes.
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P
Bonjour Pierre<br /> <br /> Je viens de lire le poeme de Bureistenas que vous avez traduit en langage alchimique. Un vrai bonheur .<br /> Vous dites que vous avez traduit les suivants ou puis je les trouver ? Et avez vous d'autres articles postés sur un site ?<br /> Merci et continuer c'est si important de nos jours de pouvoir se tourner vers d'autres priorites plus saines .<br /> Helene
A
Bonjour Pierre. J'ai pas trouvé le deuxième commentaire, toutefois que vous avez bien raison lorsque vous dîtes que c'est plus jouissif de les écouter ou de les lire laissant que le message possible coule tout simplement dans l'esprit. Mais, avoir quelques symboles à la main peut aider à aboutir au sens profond du poème
P
Bonjour, merci de votre lecture, cet article date et n'est plus d'actualité pour moi, mais je suis content qu'il vous ait plu. J'avais fait tous les autres poèmes de Burensteinas, avec les images, mais il me semble aujourd'hui que les lire à voix haute, sans les interpréter, les digérer dans la mémoire, est ce qu'il y a de plus jouissif à faire. Comme pour le tarot ! Merci encore, à bientôt